Confinement, semaine je-sais-plus : Les johatsus

Il y a quelques temps je me suis posé une question, étrange mais assez pertinente vue la situation :
Peut-on « démissionner/divorcer/abandonner » le système ?

Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade
© Jiddu Krishnamurti

Autant j’ai toujours su que je ne me sens pas en phase avec ce système que la société nous impose, autant un fait récent m’a confirmé que je ne peux définitivement pas adhérer aux valeurs de la masse populaire.

3h de file d’attente au drive d’un McDo qui vient de réouvrir
Voila, la phrase dit tout, pas besoin de philosopher plus loin.

Veni, vidi, abandonavici.

On a l’opportunité de changer de mode de vie, de ne pas reproduire les mêmes erreurs, et à la moindre tentation, on replonge dedans tête baissée. Consumérisme, capitalisme, productivité etc.

Je ne vais pas déblatérer sur cette thématique souvent abordée ici, mais je vais revenir sur la notion « d’abandon du système ».

Ce matin j’ai découvert un terme japonais que je ne connaissais pas: Les Johatsus, les « évaporés du Japon ».

Je cite : Au Japon, chaque année environ cent mille personnes disparaissent dans la nature. Communément dénommés johatsus, ces dizaines de milliers de Japonais-e-s qui s’évaporent chaque année de la surface du globe sans laisser aucune trace représentent une énigme assez fascinante.

Généralement, les raisons qui poussent ces « évaporés » sont de l’ordre de la fuite de responsabilités, de la honte ou du déshonneur.
Mais qu’en est-il de la fuite plus généralisée d’un mode de vie qui ne leur convient pas ? Je pense notamment à Christopher McCandless, rendu célèbre par Into the wild.

Je ne méprise pas les hommes, mais je préfère la Nature
© George Gordon Byron

Plus j’y pense, plus je les comprends.

Il faut reconnaitre que c’est un acte un peu extrême, mais s’il existait un juste milieu ? Une troisième option, encore et toujours…

Depuis des années déjà je fantasme sur la « van life », et depuis quelques semaines je scrute LeBonCoin, à l’affut d’un VW T3 Westfalia comme celui que j’ai eu il y a quelques années.

Et s’il était possible de (re)trouver un équilibre de vie, de ne plus courir après la folie qui nous a mené à cette situation et de profiter de l’expérience que l’on vit actuellement pour se rendre compte que l’on n’est pas obligés de « relancer la machine » mais au contraire, de choisir qu’une vie ralentie est plus propice à une paix intérieure ?

Déjà que « La semaine de 4 heures » était devenue une véritable bible, je profite pour expérimenter un nouveau mode de fonctionnement, suite à la découverte d’un autre bouquin : « Travailler deux heures par jour ».

Tout a commencé il y a un peu plus d’un an, quand j’ai tout plaqué, j’ai décidé de ne plus jamais travailler le mercredi, afin de ne plus travailler plus de 2 jours consécutifs.

J’ai ensuite développé mes méthodes et processus pour déléguer/automatiser un maximum de choses pour tendre vers les notions de Tim Ferriss, et depuis le confinement, avec l’un de mes clients qui m’a évidemment imposé le télétravail (le Ministère de la Transition écologique et solidaire), nous nous sommes mis d’accord sur un autre mode de collaboration : je continue à leur facturer 2 jours / semaine mais je travaille un peu comme ça me prend, au fil de ma ‪créativité‬, sans tenir compte des notions de jours/heures (en dehors de certaines réunions à heures imposées évidemment).
Et dans les faits, je me retrouve à bosser plus « qu’avant », lorsque j’étais sur 2 jours fixes en présentiel, mais sans pression, par plaisir et non par obligation.

D’ailleurs, je digresse : je vous invite à écouter ce podcast sur le revenu universel… ça cassera peut-être certaines croyances sur le fait que l’argent serait la seule motivation pour travailler

Du coup, j’ai tendance à moins travailler en bloc mais plus en flux continu. Et pof, le livre « Travailler deux heures par jour » m’est tombé dessus, comme de par hasard

Et là, les pièces ont commencé à s’assembler… Télétravail, vanlife, travailler moins pour vivre plus, revoir ses priorités, consommer moins mais consommer mieux, préférer le temps à l’argent…

La situation actuelle nous oblige à l’innovation, à la résilience, à la sobriété, mais surtout à la remise en question. Mais plutôt que de voir cela comme une contrainte, si on voyait cela comme une opportunité pour revenir à une vie plus zen ?

Par exemple, quand j’ai déménagé l’année dernière, l’appartement où j’ai atterri temporairement était dépourvu de micro-onde. Je me suis adapté en revoyant certaines de mes habitudes, et en revenant chez moi, comme de par hasard, mon micro-onde est tombé en panne. Je ne l’ai pas remplacé. Et je ne m’en porte pas plus mal.

Et si on s’imaginait réagir de la même manière sur notre situation actuelle ? A l’instar de certains projets où le temporaire devient la norme, et si les conséquences du confinement devenait un nouveau paradigme de vie ? Plus de télétravail, moins de consommation, plus de DoItYourself.

On se plaint toujours qu’on n’a pas le temps… Et maintenant qu’on en a à foison, on se plaint qu’on se fait chier… Il doit bien y avoir un juste milieu dans tout ça…

Allez, je file, j’ai envie d’essayer de faire mes propres pains à burger

Catégories Consomma©tion

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